SAINT JEAN BERCHMANS, CONFESSEUR.

13 AOUT


L'an 1624. — Jean Berchmans naquit à Distem, ville du Brabant, de parents pieux et honorables. Dès son enfance il se distingua par la pureté de ses moeurs et la candeur de son Aine. Exposé aux séductions du monde, il préserva absolument sa jeunesse de toute légèreté, paraissant ne tendre qu'à Dieu, h qui il voulut s'attacher plus étroite-nient en demandant d'être reçu dans la Société de Jésus. Cette Compagnie venait d'envoyer au ciel Stanislas Kostka et Louis de Gonzague. An noviciat qu'il suivit à Malines, tout ce qui tient à la perfection religieuse fut l'objet de ses soins les plus sérieux et de son application continuelle. lt n'y était que depuis peu de mois, et déjà la maturité de sa vertu l'avait fait juger digne d'être pris pour modèle, non-seulement par ceux de son àge , mais par ceux-même qui étaient filas anciens que lui. On l'envoya à Rome pour ses études, et tandis qu'il était en philosophie au Collége Romain, ses condisciples croyaient avoir retrouvé en lui Louis de Gonzague, tant il en retraçait la sainteté et toute la manière de vivre.

    Sa modestie et le soin avec lequel il gardait ses sens étaient admirables. Il se comportait erg tout de telle sorte que, le voyant, on ne craignait pas de dire que si les rcgles de modestie données par saint Ig-nace venaient à se perdre on les retrouverait en Berehmans. Il s'appliquait le tout son pouvoir à garder l'ordre de la maison, et jamais il ne fit rien qui fat tant soit peu en opposition avec la vie d'un vrai religieux. A ce sujet it disait souvent que sa prin cipale pénitence était de se conformer à la vie commune De ce grand nombre de compagnons avec qui il passait ses journées, jamais aucun ne remarqua en lui rien à re, prendre, point de paroles inutiles ou dites d'un ton trop élevé, ni de vivacités ou d'emportements, toutes choses qui cependant sont souvent irréfléchies. Tant de vertus accompagnaient en lui une étonnante douceur de caractère et une beauté naturelle de la figure qui réfiétaient l'innocence de son âme très-pure et inspiraient l'amour de la pudeur et de la chasteté. Le voeu de virginité, qu'il avait fait à Dieu, croit-on, dès son enfance, ne souffrit jamais en lui aucune atteinte.Ce ne fut pas a un âge moins tendre qu'il prit pour mère la très-sainte Vierge, ne négligeant aucun moyen de lui témoigner sa dévotion et la tendresse de son amour. Surtout il se plaisait à honorer son Immaculée Conception, privilège qu'il s'engagea à soutenir toute sa vie par un voeu signé de son sang.

    Le zèle des âmes qui l'enflammait, le faisait se réjouir à l'avance des travaux auxquels il espérait pouvoir se livrer pour la gloire de Dieu, quand, à la fleur de sa jeunesse, mûr pour le ciel, il cessa de vivre ici-bas. Consumé par une grave maladie, il se montrait plein de joie au milieu de l'affliction de tous, comme si déjà il eût ganté la douceur de la céleste béatitude. Plus que cela : il consolait ses visiteurs, donnant à chacun les avis convenables pour son progrès dans la vertu; et l'événement montra que Dieu lui avait donné en cet instant le don de prophétie. Il voulut recevoir à genoux le très-saint corps de Jésus-Christ. Presque au moment d'expirer, mettant sur le livre des règles sa croix enveloppée de son Rosaire: Voilà, dit-il, trois choses qui m'ont été bien chères; avec elles je meurs volontiers. II rendit l'âme très-doucement, à l'heure qu'il avait prédite, le 13 août 1621, âgé de 22 ans 5 mois. Ses funérailles se firent au milieu du concours et des louanges de toutes sortes de personnes, dont la plupart étaient persuadées qu'il avait pris son vol pour le ciel et qu'on le compterait un jour parmi les saints. Deux ans furent à peine écoulés que déjà, sous le pape Grégoire XV, on commença le procès relatif à l'examen de ses vertus et vie ses miracles. Eu 1865, Pie IX inscrivit au nombre des bien-heureux ce parfait modèle d'innocence. Le Pape l'a fait un saint dans 1888.

PRATIQUE. — Notre piété n'est véritable que si elle nous corrige de nos défauts et remplit notre cime de vertus.
 

PRIÈRE. — O Dieu, qui avez fait briller l'admirable sainteté de votre llienbeureux confesseur Jean tiercbmans dans l'observation parfaite des règles religieuses et dans l'innocence de sa vie, accordez-nous par ses mérites et ses prières de pratiquer fidèlement les préceptes (le votre loi et d'ac-,üririr la pureté de l'Aine et du corps, Ainsi soit-il.