SAINT ÉDOUARD, ROI ET CONFESSEUR.

13 OCTOBRE


L'an  1066. — Edouard, surnommé le Confesseur, fut neveu du roi martyr saint Edouard, et le dernier des rois angio-saxons. Un saint homme appelé Brithsvald avail prédit, par une révélation divine, qu'il monterait sur le trône. Mais, à peine figé de dix ans, il fut recherché par les Da-Dois, qui ravageaient l'Angleterre, et qui voulaient le mettre à mort; ce qui le força de se réfugier chez le duc de Normandie, son oncle. Il sut, à la cour de ce prince, au milieu des séductions du vice, faire l'admiration de tout le monde par la pureté de sa vie et l'innocence de ses moeurs. Il avait aussi dès lors pour le Seigneur une piété extraordinaire, ainsi qu'un vif attrait pour toutes les choses divines. Son naturel était la douceur même, et ne le portait aucunement à désirer le pouvoir. On rap porte de lui cette parole, qu'il aimerait mieux ne jamais  etre roi que de le devenir au prix du sang répandu. Après  la mort des tyrans qui avaient arraché à ses frères le sceptre avec la vie, Edouard fut rappelé en Angleterre et monta sur le trône , au milieu de l'allégresse générale et an grand contentement de la nation. Tous ses soins furent employés à faire disparaître les traces de la guerre, en commençant par les temples du Seigneur et les sanctuaires des bienheureux. Il jeta les fondements des uns, répara les autres, leur donna des revenus et des priviléges, et  parut n'avoir rien de plus à coeur que de faire refleurir la Religion alors désolée. Les grands de sa cour le pressé-rent de contracter mariage; mais le témoignage des historiens nous apprend que, de concert avec son épouse, il garda la virginité. Il avait tant d'amour pour le Christ et  une foi si grande, qu'il mérita de voir pendant la messe Notre-Seigneur lui-même, tout resplendissant d'une lumière divine. Sa charité, qu'on pourrait presque appeler prodigue, le faisait nommer le père des orphelins et des pauvres. Jamais il n'était si joyeux que quand il avait épuisé ses trésors en faveur des malheureux.

    L'esprit prophétique dont il était rempli lui fit prévoir  d'une manière surnaturelle beaucoup de choses touchant l'avenir de l'Angleterre. Une de ses prédictions.les plus remarquables fut d'annoncer, au moment même où elle ar-riva , la mort de Suénon, roi de Danemark, quand ce prince se noya dans la mer en montant sur sa flotte pour aller envahir l'Angleterre. Edouard honorait extrémement saint Jean l'évangéliste, et il avait coutume de ne jamais rien refuser de ce qu'on lui demandait au nom de cet apôtre. Le saint lui-méme se présenta un jour sous un vetement déguenillé, et lui demanda l'aumône en son propre nom; Edouard, qui n'avait alors aucun argent, tira de son doigt son anneau, et le donna au bienheureux , qui le lui rendit bientôt après et lui annonça sa mort prochaine. Le prince indiqua alors des prières qu'on devait faire à son intention, et mourut très-pieusement, au jour que l'évangéliste avait marqué, le 5 janvier de l'an du salut 1066. Au siècle suivant, le pape Àlexandre III le mit au nombre des saints à cause de ses miracles. Innocent XI commanda de célébrer sa mémoire par un office public dans toute l'Église, et mit sa fête au jour où, trente-six ans après sa mort, on transféra son corps, qui avait été trouvé sans corruption et exhalant une suave odeur.

PRATIQUE. — La pureté de la vie est indispensable à quiconque veut étre disciple de Jésus-Christ.

PRIÈRE. - O Dieù, qui avez couronné de la gloire de l'éternité votre bien-heureux confesseur le roi Ldouard, faites, nous vous en eonjürons, qu'a ',rés l'avoir vénéré sur la terre , nous puissions régner avec lui dans le ciel. Ainsi  soit-il.